Le nouveau paradigme de l’organisation du travail

Il semble de plus en plus admis qu’il y aura un avant et un après Covid-19.

Notre société, nos sociétés sont confrontées aujourd‘hui a de nouveaux concepts, de nouvelles habitudes, dont la fameuse distanciation sociale. Pour les animaux grégaires que nous sommes, quelle horreur.

Cette période extraordinaire, accompagnée d’une certaine violence subite et subie, bouscule les certitudes et les habitudes, de vie et de travail.

Je ne sais pas trop ce que cela apportera à notre civilisation et à la vie commune dans notre société française. Dans le cadre des attentats et notamment de Charlie et du Bataclan, nous avons pu constater que la concorde nationale ne dure (malheureusement), qu’un temps.

Sans entrer dans le détail des points négatifs du confinement comme l’absence de relations sociales et de moments partagés, il convient de relever quelques aspects positifs de cette crise sanitaire.

Plus visible que jamais depuis des décennies, la baisse spectaculaire des pollutions (atmosphérique et sonore), permet de redécouvrir que nous sommes entourés par une nature riche, si tant est qu’on la respecte un tant soit peu.

On redécouvre les aspects essentiels qui rythmaient la vie de nos ancêtres, la cueillette, la chasse et une grotte en guise de toit pour la nuit.

Les circuits courts d’approvisionnement chatouillent à nouveau nos neurones les plus basiques, ainsi que la résurgence des risques majeurs à pratiquer pour des raisons unilatéralement économiques, le mono fournisseur (entité ou pays), qui plus est en se moquant éhontément de l’impact environnemental.

Intervient également la notion que l’on pensait obsolète de la pénurie. Les rayons vides des supermarchés semblent nous faire un appel du pied pour mettre en exergue notre surconsommation et enfin la gravité du fameux jour du dépassement, jour qui intervient chaque année un peu plus tôt.

Outre nos sociétés, le monde de l’entreprise n’échappe pas à cet incroyable carambolage des cultures et des processus.

Modifier ses façons de faire et la nature profonde du fonctionnement de son entreprise est quelque chose de contre nature. L’Homme se rassure dans le tempo des choses connues et rassurantes. Cela conduit parfois à des situations pernicieuses qui engendrent l’échec et la disparition. Il faut savoir s’adapter et faire évoluer sans cesse son organisation pour rester vivant et performant.

La crise sanitaire à laquelle nous sommes confrontés, nous impose une vision différente de notre manière de travailler. Passée la sidération d’une situation cauchemardesque, les patrons, les managers et les employés, voyant la destruction de leur (outil de), travail ont compris que lorsque cela était possible, il était impératif de travailler autrement pour sauver ce qui peut l’être et se préparer à l’après.

Il apparaît plus aisément l’émergence de la prise de conscience de l’autre, des autres et de leur utilité dans le cadre de l’organisation des équipes et l’achèvement des objectifs. On perçoit mieux l’impérativité du partage, notamment des informations.

L’agilité au travail prend de l’ampleur et fait sens, améliore le taux d’innovation, les facultés d’adaptation. La situation sonne l’arrêt de la spirale de l’immédiateté au profit de l’efficacité à moyen et long terme. Tout le monde trouve normal, la latence entre un souhait et sa réalisation, ce qui pourrait être salvateur. L’intelligence collective trouve plus que jamais sa raison d’être. Il y a une utilisation renforcée des outils technologiques de communication à notre disposition, télétravail, modification des us & coutumes et des habitudes de travail.

Il est évident que le travail posté, même s’il doit continuer à évoluer pour en améliorer la condition de ceux qui l’exercent, ne rentre pas dans le cadre de cette transformation potentielle à court terme, à tout le moins pour ce qui est du télétravail, la présence sur le lieu de production étant impérative.

Ainsi, les entreprises entament-elle aujourd’hui un changement de paradigme imposé par la situation. Le télétravail et les processus décidés donneront peut-être des idées de changement de fonctionnement au sein des entreprises pour privilégier une part de télétravail par rotation (ce qui permettrait dans certaines villes de limiter les problématiques liées à la migration pendulaire), mais aussi à adopter les méthodes de travail agiles, la délégation, la responsabilisation des équipes et surtout la confiance. Cette fameuse confiance qui ne peut se satisfaire d’une simple déclaration.

En effet, la situation de confinement oblige aux dispositions de confiance pour éviter d’ajouter de la difficulté aux difficultés. Ce sera l’occasion également, de tirer des enseignements de la qualité de certains managers et de leur capacité à s’adapter à des situations complexes. La lecture de l’efficacité managériale est actuellement très directe, la justification permanente étant reléguée très loin des préoccupations de l’entreprise. Il faut que cela marche, car les marges de manœuvre sont plus que jamais étroites. Les managers trop invasifs voient actuellement la limite de leur désastre et cela fera peut-être enfin réfléchir le Top Management.

Dans le cadre de la reprise d’activité et particulièrement en ce qui concerne les PME et ETI, il y aura besoin d’expertise managériale. Il est crucial et il le sera encore plus à l’heure de la pleine reprise, de faire une analyse sans concession de ce qui a permis de maintenir de l’activité, de l’efficience dans les processus, pour le bien et à l’avantage de tout le monde et en premier lieu de l’outil de travail que sont les entreprises.

Les entreprises auront à leur disposition l’excellence des Managers de Transition et également la possibilité illimitée d’utiliser les ressources disponibles des intervenants du temps partagé.

Il est évident que les entreprises, confrontées à des problématiques économiques extrêmement tendues, ne pourront pas investir massivement dans des compétences supplémentaires à plein temps ou à durée non déterminée.

Ces deux solutions seront idéales pour aider les chefs d’entreprises, dont les PME et les ETI,  pourvoyeuses principales de l’emploi en France, à redévelopper leur business et à protéger leurs salariés qui représentent majoritairement, la valeur ajoutée de leur entreprise.

Les instances politiques, plutôt que de focaliser uniquement sur les grandes entreprises dites ‘’stratégiques’’, comme elles l’ont fait sans vergogne pour sauver les banques que ne jouent pas leur rôle de solidarité et de support aujourd’hui, devraient se préoccuper tous les jours des TPE, PME et ETI, qui de très loin seront la solution de demain matin.

Enfin, ça, c’est ce que je pense.

Philippe-Jean Fiedler

Manager de transition SPMS X. Tra. Man

Auteur et conférencier, Le Management Alpha, le management naturel lié à l’Intelligence émotionnelle et collective

 

©Philippe-Jean Fiedler von Kronach - Tous droits réservés - Avril 2020

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