Quand l’inclusion du politiquement correct exclut les PME françaises !

Le 6 février 2020, Matthieu Belliard (MB), recevait sur Europe 1 (le 6h – 9h), Sylvie Chartier-Gueudet (SCG), Directrice de l'inclusion et du bien-être chez Aviva France, suite à la tribune des Échos du 5 février 2020, signée par 105 entreprises, et concernant un congé second parent rémunéré, d'une durée minimale d'un mois.

En soi, la démarche de cette tribune est plutôt positive et louable. Il n’empêche qu’à y regarder de plus près, il existe, peut-être, des intentions moins avouables, de l’inclusion-washing et un défaut de ‘’bon endroit’’ pour le dire ou le faire.

Nous verrons aussi, qu’en terme d’inclusion, l’exclusion est pratiquée allègrement en occultant la réalité qui s’impose à beaucoup, économiquement et techniquement. En bref, il ne s’agit pas de décréter pour que cela devienne une vérité sympathique.

Précisons d’abord pour la compréhension du sujet que le mot Société désigne ici la société civile, le domaine du ‘’privé’’, alors que le milieu professionnel sera désigné sous le terme Entreprise.

Je résiste tout d’abord à l’envie de sourire lorsque j’entends le titre professionnel de Directrice de l’inclusion et du bien-être. Il faut donc aujourd’hui utiliser des termes ‘’sexy et modernisés’’ pour valoriser ce qui devrait se faire depuis des lustres naturellement dans l’Entreprise, c’est-à-dire une saine gestion de la relation humaine et du respect de l’autre, ce qui disons-le tout net, devrait en fait être le rôle majeur de la Société, à commencer par le premier lieu d’apprentissage de la diversité après son propre familial, l’école.

Or, on voudrait nous faire croire que l’Entreprise serait le meilleur endroit pour ‘’éduquer’’ nos semblables à une meilleure compréhension des diversités qui composent notre Société. Et pour cela, tel un acteur ou une actrice ‘’engagée’’ qui pousse un gros coup de gueule à la cérémonie des Césars ou des Oscars, l’Entreprise serait le meilleur endroit pour défendre l’homosexualité, l’égalité homme-femme, voire si cela n’est pas oublié en route, les handicapés, la diversité. Elle serait le meilleur endroit pour faire prendre conscience aux machos, qu’ils doivent, eux aussi, faire la lessive, la vaisselle et tout cela en y étant sensibilisé par le nettoyage du séant du petit dernier de la portée.

Et là soudainement et sans présumer de la pensée profonde de Blanche Gardin(1), me vient à l’esprit ce que peut générer finalement, l’exposition médiatique et peut-être intéressée, des minorités diverses par celle de la majorité normale. Rien qu’en le disant, l’exclusion m’arrache les dents.

Bref, Blanche Gardin dit au cours de la 30ème nuit des Molières(2), en officiant pour la remise du Molière de l’humour, catégorie dans laquelle elle est nommée, et ce après avoir cité Pierre Desproges avec le fameux ‘’on me dit que des juifs se sont glissés dans la salle’’, qu’il y a une « question brûlante au sujet de l’humour, est-ce que l’on a basculé dans le règne de la bienséance, alors si on regarde la liste des nommés pour ce Molière de l’humour, on serait tentés de dire oui, y-a qu’à voir ce que l’on a dans cette liste, on a un noir, on a un arabe, on a un réunionnais, on a une femme, alors ils ont quand même glissé un normal, un mâle blanc de 40 ans, autant dire que tu vas rester assis ce soir Jérôme(3), à moins que tu sois pédé, alors dans ce cas- là peut-être – Alors, pour le Molière de la discrimination positive et de l’Humour …/… » Et Blanche Gardin obtient le prix qu’elle se remet à elle-même avec cette phrase magique : «C’est tout moi, je le savais, je suis la seule femme nommée l’année de l’affaire Weinstein, c’est l’histoire de ma vie, le jour où j’ai un prix, il n’a aucune valeur. J’ai l’impression d’être un rebeu du 93 qui vient d’être admis à Science Po »

Comme l’on dit, trop d’infos tue l’info.

Mais avant de polémiquer plus avant, arrêtons-nous sur l’aspect sémantique de la chose. En effet, le mot Inclusion est usité ici en contraire, c’est-à-dire en antonyme du mot Exclusion. On n’exclut plus, on inclus. Mais et il y a toujours un mot dans notre belle langue française pour venir chatouiller les sensibilités, l’inclusion est également au sens biologique du terme selon le Larousse : « une substance figurée intracellulaire n'appartenant pas aux constituants normaux de la cellule ». Aïe !

En d’autres termes, pourrait-on penser qu’inclure n’est pas accepter l’intégration de quelqu’un ou de quelque chose dans un groupe ? Et si l’inclusion, n’était par définition que la juxtaposition d’êtres ou de choses dans un ensemble hétérogène, à volonté bienveillante d’homogénéité ? un leurre en somme ?

Arrêtons-nous sur le discours forcément maîtrisé de Sylvie Chartier-Gueudet, qui pitch sur le sujet depuis deux ans ½ chez Aviva au cours de son interview (cf. retranscription en fin d’article)

SCG explique que chez Aviva, il existe donc un congé de parentalité pour le 2ème parent, « qui peut être un homme ou une femme, et dans notre entreprise, c’est un congé de 10 semaines à prendre dans les six mois qui suivent l’arrivée ou l’accueil d’un enfant, puisque ce congé se prend dans le cadre d’une naissance, mais aussi dans le cadre d’une adoption »

C’est également l’introduction dans le discours de la mise en avant de la qualité gay-friendly d’Aviva par l’intermédiaire de son PDG, Patrick Dixneuf, rôle modèle pour l’association L’Autre Cercle, comme si cela était impératif pour générer du bien-être au travail (je parle pour ma part de bien-être par le travail).

Et la contradiction se fait jour, car parlant de l’inégalité salariale Matthieu Belliard questionne :

MB « mais c’est aussi le congé maternité tel qu’il est aujourd’hui, un facteur d’inégalité salariale »

SCG « c’est pas tant un facteur d’inégalité salariale qu’un marqueur dans une carrière et c’est pour ça que nous avons mis en place ce congé de parentalité, parce que c’est expliquer que la parentalité, elle a sa place dans la carrière, que l’on soit un homme ou une femme et qui faut aussi prendre le temps d’avoir un équilibre vie privée vie professionnelle et que l’arrivée d’un enfant dans une famille et ben c’est un moment qu’il faut aussi prendre en compte et c’est aussi du bonheur, faut le dire, et c’est important d’être présent et que les deux parents soient là, puis c’est aussi un facteur d’égalité privée parce que on sait que bien souvent dans le temps de vie privée, ben ça va être plutôt la mère qui va s’occuper de l’enfant plutôt que le conjoint »

Cela va être plutôt la mère qui va s’occuper de l’enfant plutôt que le conjoint. Dans un couple composé de deux femmes, la raison évoquée risque d’être quelque peu confuse.

Ce qui n’est pas dit non plus expressément par ailleurs, c’est que si la femme est stigmatisée par la maternité dans le monde professionnel, l’homme qui prend un mois de congé de parentalité, sera lui aussi inclus dans un tourbillon compliqué, sauf à travailler chez Aviva & partners, quoique.

Mais, je dois l’avouer, ce n’est pas cet aspect du discours qui m’a fait bondir, mais bien la réponse de Sylvie Chartier-Gueudet à la réaction de Jean-Eudes Du Mesnil, Secrétaire général CPME, à la lecture de la dite Tribune des Échos. Là est une question de repère.

Préalablement et en occultant les dix semaines chez Aviva pour ne conserver que les quatre semaines proposées, je voudrais rappeler que sur les emplois du secteur marchand les grandes entreprises représentent seulement 29% environ des salariés.

46% des salariés le sont dans des TPE & PME, entreprises françaises à 99.99%, contrairement aux GE et à Aviva, battant pavillon anglais. Reste les ETI qui représentent 25% de l’emploi salarié. En ce qui concerne le secteur non marchand, notamment les fonctionnaires, la population au travail représente 8.6 millions de personnes supplémentaires.

Ainsi, les GE représentent un peu moins de 4 millions de salariés, sur une population au travail, tous confondus de 27 millions environ, soit 14%. Et alors ?

Jean-Eudes Du Mesnil répond « Quand vous avez trois salariés, imaginez qu’il y en ait un puisse partir pendant un mois, déjà c’est compliqué en terme d’organisation pour l’entreprise et puis imaginez quelqu’un qui est un chef de chantier qui aurait arrivé à trouver un CDD durant une période d’un mois, ça va être compliqué et puis encore une fois, le CDD, il faut le payer, donc si vous payez à la fois la personne qui part pour ce congé, puis le CDD, et bien vous doublez tout simplement la masse salariale pendant cette période, donc il y a beaucoup d’entreprises qui ne peuvent pas le faire. »

Et Matthieu Belliard de reprendre  : « Est-ce que toutes les entreprises peuvent se le permettre ? JE Du Mesnil dis non »

SCG «  Lui parle du travail posté, c’est vrai que l’on est une société d’assurance, donc on est pas à remplacer une personne systématiquement poste par poste. Je rappelle que depuis 20 ans, on a mis en place d’autres formes d’organisations du travail, avec notamment les congés et les RTT, donc toutes les absences ne sont pas gérées de la même façon dans une entreprise, en fonction de son organisation et de son activité. Mais pour autant, on a tous besoin, quelles que soient nos organisations de réfléchir à l’intégration de la parentalité dans l’entreprise, y compris sur des activités de type chantier de construction.»

Désolé de vous contredire Madame, il donne un exemple de travail posté, mais parle bien du problème principal de la PME, à savoir le financement de cette mesure, comme il en existe déjà plusieurs, dont les 35 heures que l’on sait ne poser aucun problème, notamment dans les Hôpitaux… et les maternités.

MB « Mais, est-ce que vous entendez que cela peut être difficile y compris économiquement pour des entreprises, mais du coup je précise la question que, c’est aussi une source d’inégalité entre différents salariés. On a pas les mêmes droits, selon que l’on travaille chez Aviva ou dans une PME à un travail posté ? »

SCG : « On a tous les mêmes droits, c’est les organisations de travail qui sont différentes et les orientations des entreprises qui sont différentes. Mais à la base, vous l’avez rappelé, la discrimination, elle est pénalement proscrite et on a tous les mêmes droits. Après c’est l’organisation qui va faire la différence et nous chez Aviva, on croit effectivement que l’inclusion, la diversité des talents et ben ça s’organise, notamment en prenant en compte la parentalité. Mais, je peux aussi développer d’autres aspects sur le handicap, sur la façon dont on appréhende aussi le sujet LGBT en entreprise.

Ah mais que voilà une belle langue de bois et un couplet bien moralisateur et culpabilisant. Êtes-vous certaine, Madame Sylvie Chartiert-Gueudet d’être toujours dans l’inclusion de toutes les diversités et notamment celles des entreprises françaises ? En quoi l’organisation va-t-elle favoriser ou régler le sujet LGBT dans l’entreprise ? En insistant particulièrement sur ces minorités, n’êtes-vous pas en train de les stigmatiser et les mettre en opposition par rapport à d’autres ?

Tout comme le bonheur au travail, je ne suis pas certain que l’Entreprise soit là pour étalonner les bonnes pratiques du vivre ensemble de notre société. Traiter de ces sujets d’une manière aussi ostensible me paraît être un vecteur d’opposition et générer des inégalités insurmontables sur le marché du travail pour des entreprises d’abord préoccupées par le maintien de l’emploi et l’investissement.

 

Qui aidera les PME, aujourd’hui créatrices d’emplois plus que les GE, à financer cette mesure si elle devient demain la norme ? Qui dira à la population qui paie des impôts que demain ils devront notamment financer cette mesure pour les fonctionnaires dans un souci d’égalité ?

 

Quelles sont vos propositions concrètes, Madame, pour financer ces belles intentions, si demain vous passiez d’un groupe comme Aviva France qui pèse environ 6.5 Md€ (Aviva PLC 40 Md€), à une PME française de 50 M€ ?

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche_Gardin

(2) https://youtu.be/z8tI8Cw1SeE

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Commandeur

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Retranscription de l’interview de Sylvie Chartier-Gueudet par Matthieu Belliard, par PJ Fiedler

MB « vous avez déjà lancé ce congé paternité chez vous depuis 2 ans ½ »

SCG « oui depuis novembre 2017, tout à fait, nous avons mis en place un congé de parentalité pour le 2ème parent, homme ou femme »

MB « oui c’est pour ça, je le précise, je dis congé paternité de manière généraliste, mais on parle de congé second parent »

SCG « voilà, qui peut être un homme ou une femme, et dans notre entreprise, c’est un congé de 10 semaines à prendre dans les six mois qui suivent l’arrivée ou l’accueil d’un enfant, puisque ce congé se prend dans le cadre d’une naissance, mais aussi dans le cadre d’une adoption »

MB « d’accord et s’est payé combien ?’

SCG « C’est payé normalement, c’est la rémunération de base maintenue »

MB « alors, c’est une dépense sociale ou un investissement, finalement à part l’absence et le remplacement, ça change quoi au sein de l’entreprise ? »

SCG « Mais ce n’est pas qu’une histoire d’absence ou de remplacement, c’est effectivement la possibilité de mettre la parentalité à sa juste place dans l’Entreprise. La parentalité, ça fait partie de la vie personnelle du collaborateur, mais ça fait partie aussi de sa trajectoire de carrière, et laisser la place à la parentalité, c’est aussi une façon de travailler sur ce que l’on appelle les équilibres les temps de vie, vie privée, vie professionnelle, mais aussi sur l’égalité professionnelle, puisqu’on sait qu’à compétence égale, entre un homme et une femme, il pourra être malheureusement tentant de privilégier une candidature masculine à une candidature féminine. »

MB « mais c’est aussi le congé maternité tel qu’il est aujourd’hui, un facteur d’inégalité salariale »

SCG « c’est pas tant un facteur d’inégalité salariale qu’un marqueur dans une carrière et c’est pour ça que nous avons mis en place ce congé de parentalité, parce que c’est expliquer que la parentalité, elle a sa place dans la carrière, que l’on soit un homme ou une femme et qui faut aussi prendre le temps d’avoir un équilibre vie privée vie professionnelle et que l’arrivée d’un enfant dans une famille et ben c’est un moment qu’il faut aussi prendre en compte et c’est aussi du bonheur, faut le dire, et c’est important d’être présent et que les deux parents soient là, puis c’est aussi un facteur d’égalité privée parce que on sait que bien souvent dans le temps de vie privée, ben ça va être plutôt la mère qui va s’occuper de l’enfant plutôt que le conjoint »

MB « on le sait bien et pour le coup, il est prouvé qu’il est mieux d’avoir le papa présent dans les premiers jours, que ce soit pour la maman qui vient de donner la vie, mais tout simplement pour les autres enfants aussi, on parle de l’équilibre homme femme mais vous soulignez l’intérêt pour l’entreprise elle-même, c’est important de le rappeler »

SCG « Oui, c’est aussi peut-être pour ça qu’il est important aussi de rappeler qu’on est content d’être les pionniers puisque comme vous l’avez rappelé on a été les premiers en France à mettre ce congé de parentalité en place en 2017 et on est ravis que notre démarche soit suivie par d’autres entreprises et on les encourage à développer ce congé de parentalité et d’autres mesures »

MB « vous semblez être suivie pour l’instant. Vous parlez des jeunes qui ne veulent plus intégrer des entreprises polluantes. Cela vient souvent des diplômés, les ambitions des diplômés ont changé. Est-ce que vous cherchez aussi par ce congé paternité à vous rendre plus attractif ? »

SCG « Alors, le congé de parentalité concerne tout le monde. La parentalité, c’est pas qu’une histoire de jeunes. On peut être parents à 20 ans, à 30 ans, à 40 ans ou à 50 ans, c’est pas qu’une histoire d’âge et de jeunesse »

MB «  Oui bien sûr, mais cela dégage une image de l’entreprise qui est différente »

SCG «Oui, mais nous ce qui nous intéresse, c’est de travailler sur l’inclusion de tous les profils et de toutes la diversité que l’on peut trouver dans les talents dont on a besoin dans l’entreprise »

…/…

MB « Alors, je voudrais que vous écoutiez une voix ce matin, c’est celle de Jean-Eudes Du Mesnil, Secrétaire général CPME, il réagit à votre tribune, est-ce que l’on peut mettre ça en place dans toutes les entreprises ? »

Jean-Eudes Du Mesnil « Quand vous avez trois salariés, imaginez qu’il y en est un puisse partir pendant un mois, déjà c’est compliqué en terme d’organisation pour l’entreprise et puis imaginez quelqu’un qui est un chef de chantier qui aurait arrivé à trouver un CDD durant une période d’un mois, ça va être compliqué et puis encore une fois, le CDD, il faut le payer, donc si vous payez à la fois la personne qui part pour ce congé, puis le CDD, et bien vous doublez tout simplement la masse salariale pendant cette période, donc il y a beaucoup d’entreprises qui ne peuvent pas le faire. »

MB : « Est-ce que toutes les entreprises peuvent se le permettre ? JE Du Mesnil dis non »

SCG «  Lui parle du travail posté, c’est vrai que l’on est une société d’assurance, donc on est pas à remplacer une personne systématiquement poste par poste. Je rappelle que depuis 20 ans, on a mis en place d’autres formes d’organisations du travail, avec notamment les congés et les RTT, donc toutes les absences ne sont pas gérées de la même façon dans une entreprise, en fonction de son organisation et de son activité/ Mais pour autant, on a tous besoin, quelles que soient nos organisations de réfléchir à l’intégration de la parentalité dans l’entreprise, y compris sur des activités de type chantier de construction.»

MB « Mais, est-ce que vous entendez que cela peut être difficile y compris économiquement pour des entreprises, mais du coup je précise la question que, c’est aussi une source d’inégalité entre différents salariés. On a pas les mêmes droits, selon que l’on travaille chez Aviva ou dans une PME à un travail posté ? »

SCG : « On a tous les mêmes droits, c’est les organisations de travail qui sont différentes et les orientations des entreprises qui sont différentes. Mais à la base, vous l’avez rappelé, la discrimination, elle est pénalement proscrite et on a tous les mêmes droits. Après c’est l’organisation qui va faire la différence et nous chez Aviva, on croit effectivement que l’inclusion, la diversité des talents et ben ça s’organise, notamment en prenant en compte la parentalité. Mais, je peux aussi développer d’autres aspects sur le handicap, sur la façon dont on appréhende aussi le sujet LGBT en entreprise.

Vous voyez mon cordon autour du cou qui est le cordon des salariés – Restez vous- même au travail (MB, ndlr), voilà et nous notre motto, c’est Aviva, l’assurance d’être soi-même et c’est aussi l’engagement de notre Direction Générale et de notre CEO, Patrick Dixneuf, qui a été reconnu rôle modèle dirigeant allié sur ces sujets. C’est aussi le soutien de nos COMEX puisque que sur nos actions, nous avons mis en place des communautés. Nous avons le sponsor COMEC à chaque fois sur ces actions et je tiens à souligner vraiment l’engagement des collaborateurs, puisque les collaborateurs sont encouragés à participer et notre DG et son COMEX. »

MB « donnez un élément pour convaincre ceux qui nous écoutent et qui se disent, mais moi si il part en congé parental pendant 10 semaines, combien ça va me coûter, c’est compliqué l’organisation de mon entreprise, vous pouvez les convaincre ce matin ? »

SCG «Mais, c’est pas tant les convaincre que leur dire que c’est complètement un discours qui ne s’entend plus aujourd’hui, comment on gère un remplacement de congé maternité. C’est le discourt que l’on entendait y a 20 ans ou y a 30 ans et je le redis, c’et la place de la parentalité dans la trajectoire d’une carrière, c’est ça qui est important, c’est pas une histoire de coût, c’est une histoire d’organisation, de motivation au travail, quand un collaborateur sait qu’il peut prendre du temps pour se consacrer à sa vie de famille, il est aussi plus présent quand il est dans l’entreprise.»

MB « le débat sur le congé pour le deuil d’un enfant, quel regard est-ce que vous portez dessus ? »

SCG « Le regard que chez Aviva, on a mis en place des actions notamment de dons de jours et que c’est un sujet de solidarité aussi dans les entreprises et que on sait aussi gérer au niveau des collègues. L’entreprise, c’est un ensemble de collaborateurs qui vivent ensemble et qui se soutiennent aussi

La Tribune dans les Échos du 5 février 2020

Parce que l'entreprise doit être par excellence le lieu de l'équité dans le traitement des femmes et des hommes, et parce que cela commence concrètement avec la question de l'arrivée d'un enfant, nous nous engageons à aller au-delà du cadre de la loi. Certaines entreprises et conventions collectives, sur la base d'accords « égalité professionnelle », prévoient déjà un complément pour compenser la perte de salaire pour les parents, notamment les hommes. Dans nos entreprises, nous nous engageons à aller plus loin sous la forme d'un congé second parent rémunéré d'une durée minimale d'un mois.

● Ce dispositif concerne le second parent, quels que soient son sexe et son statut, car notre société évolue et que les modèles de famille sont aussi variés que riches et divers.

● Ce dispositif portera sur une période d'un mois minimum, bien au-delà des onze jours légaux, car nous estimons que c'est là le délai minimal pour accueillir un enfant et ancrer des habitudes familiales équilibrées et équitables.

● Il sera de la responsabilité de l'équipe dirigeante d'encourager les collaborateurs de l'entreprise à prendre ce congé. Afin qu'il ne soit ni tabou ni discriminant de prendre un congé parental. Cela est, pour nous, un droit fondamental pour tout salarié, et un devoir pour l'entreprise.

● Ce dispositif sera rémunéré à 100 %, car il est important que les moyens financiers ne soient pas un élément déterminant pour être un parent présent.

Nous incitons nos confrères et consœurs dirigeants à se joindre à notre engagement afin de faire évoluer durablement la société française. Parce que l'égalité se construit. Ensemble.

Cette tribune est signée par : Nicolas Hernandez (360Learning) ; Alix de Sagazan (AB Tasty) ; Isabelle Carron (Absolution) ; Marine Soroko (Adimeo) Guillaume Fourdinier (Agricool) ; Mathilde Lacombe (Aime) ; Jonathan Anguelov (Aircall) ; Fred de Gombert (Akeneo) ; Jean-Charles Samuelian (Alan) ; Alexis Robillard (All Tigers) ; Yanis Kiansky (Allocab) ; Nicolas Santiweil (Ami) ; Quentin Guilluy (Andjaro) ; Dan Gomplewicz et David Baranes (Armis) ; Arnaud de la Taille (AssoConnect) ; Renaud Sornin (Attestation Legale) ; Clément Alteresco (BAP/Morning Coworking) ; Simon Dawlat (Batch) ; Denis Ladegaillerie (Believe Digital) ; Mercedes Erra (BETC) ; François Montandon (B. workshop) ; Victor Lugger et Tigrane Seydoux (Big Mamma) ; Frederic Mazella (Blablacar) ; Jonathan Livescault (Braine) Florent Malbranche (Brigad) ; Thibault Lamarque (Castalie) ; Antoine Le Conte (Cheerz) ; Alexandre Bellity (Cleany) ; Fleur Phelipeau (D-Lab) ; Florian Douettau (Dataiku) ; Jérôme Benoît (Delta Plus) ; Nicolas Bustamante (Doctrine) ; Pauline Duval (Groupe Duval) ; Adrien Chaltiel (Eldorado.co) ; Adele Bounine (Emoi Emoi) ; Anne-Laure Constanza (Envie de fraises) ; Karim Jouini (Expensya) ; Yan Riviere (Gaia Energie) ; Come Fouques (Georges. tech) ; Camille Morvan (Goshaba) ; Pierre Lassarat (Happytal) ; David Inquel (Harvey) ; Laure Bouguen (Ho Karan) ; Charles-Edouard Girard (HomeExchange) ; Marc Briant-Terlet et Kim Mazzilli (Horace) ; Isabelle Mashola (Isahit) ; Adrien Ledoux (Job Teaser) ; Isabelle Rabier (Jolimoi) ; Carole Juge (Joone) ; Philippe Gelis (Kantox) ; Olivier Ramel (Kymono) ; Lionel Sayag (L'autre école) ; Regis Pennel (L'Exception) ; Paul Lê (La belle vie) ; Nicolas Chabanne (La marque du consommateur) ; Agathe Wautier (Le Galion Project) ; Patrice Bonfy (Le Paternel) ; Alix Poulet (Leetchi) ; Tatiana Jama (Levia) ; Eva Sadoun (Lita.co) ; Raphael Vullierme (Luko) ; Loic Soubeyrand (Lunchr) ; Paul Morlet (Lunettes pour tous) ; Christian Vanizette (Makesense) ; Romain Mazeries (Mangopay) ; Gaëlle Lebrat (Manucurist) ; Sébastien Caron (Mapstr) ; Cecilia Creuzet (May) ; Quentin Leblond (Mecanicus) : Nicolas Baudelot (Medicalib) ; Sébastien de Lafond (MeilleursAgents) ; Christian Jorge (Merci Alternative) : Soraya Jaber (Minsar) ; Céline Orjubin (My Little Paris) ; Alexandre Lebrun (Nabla) ; Charline Goutal-Redrado (Naïa Paris) ; Antoine Spadoni (New Deal) ; Elissa Reigner (Noo) ; Noelie Balez (Pampa) ; Emmanuelle Brizay (Panoply) ; Firmin Zocchetto (PayFit) ; Antoine Grimaud (Payplug) ; Jean Moreau (Phenix) ; Thomas Baduel (Predictice) ; Constantin wolfrom (Pumpkin) ; Stéphanie Delestre (Qapa) ; Alexandre Prot (Qonto) ; Jack Habra (Reminiz) ; Cyril Pierre de Geyer (Rocket School) ; Arbia Smiti (Rosaly) ; Arnaud Muller (Saggie) ; Jérôme Lecat (Scality) ; Armand Thiberge (Sendinblue) ; Nicolas Reboud (Shine) ; Cyril Veran (Smart Farming System) ; Mireille Messine (Splio) ; Jean-Stéphane Arcis (Talentsoft) ; Marianne Gosset (The socialite family) ; Lucie Basch (Too Good To Go) ; Romains Dessal (TTSO) ; Cédric Sire (Webedia) ; Jérémy Clédat (Welcome to the jungle) ; Paola Fabiani (Wisecom) ; Antoine Hubert (Ynsect) et Julie Chapon (Yuka).

 

©Philippe-Jean Fiedler von Kronach - Tous droits réservés - Février 2020

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