Doit-on avoir peur [de la révolution] des métiers de demain ?

[et de leurs digitalisations et dématérialisations probables]

Génération Z comme Zazie, non, pas celle du métro, mais la chanteuse et parolière Isabelle de Truchis de Varennes, et qui, avec la chanson ''Toutes les machines ont un cœur'', écrite pour Maëlle (1) en 2019, nous donne un bel aperçu de l'univers de la génération Z. C'est probablement un peu biographique et le résultat de la fréquentation quotidienne de sa fille Lola, née en 2002 et donc, parfaite membre de cette génération ''Zublime''.

Reprenons un court passage pour comprendre :

" On n'avait pas prévu ça

D'avoir des doigts Messenger

Des pouces ordinateur

Sur les machines on passe des heures "

Voilà une des premières différences fondamentales de ces nouvelles générations, la génération Y étant elle aussi concernée. Ces générations sont nées avec un ordinateur dans le berceau et s'y expriment sans retenue et avec naturel. Les ''anciens'' (enfin, pas tous), se plaignent de l'orthographe catastrophique des ''jeunes'' et de leur manque d'intérêt pour les livres et la culture en général. Le ''c'était mieux avant’’ est en embuscade. Michel Serre (2) qui vient de nous quitter en sourirait probablement.

" Tu dis à quoi ça sert, t'as rien de mieux à faire?

Sais-tu le temps que tu perds?"

Toutes les machines ont un cœur, pourtant

Un monde meilleur caché dedans

Qui bat, qui bat, qui bat "

Pour autant, notre génération, née dans les années 60, la génération X, a bien abandonné le Vinyle pour le CD, Arletty et Piaf pour le Rock'n Roll, le Disco et la House Music.

Bref, la roue de l'Histoire ne s'arrêtera pas parce que des anciens le disent et le réclament et il en va de même pour les métiers. On prétend aisément aujourd'hui, que 80% des métiers qui seront exercés en 2040-2050, n'existent pas encore. On fustige l'IA, l'informatisation à outrance, la mécanisation en arguant que cela fait perdre des emplois. On omet cependant d'évoquer les nouveaux métiers et la nécessité impérieuse d'évoluer pour faire face à la demande et aux changements de paradigme.

Car et c'est là tout l'enjeu, savoir évoluer, savoir s'adapter, sont des conditions importantes de la continuité du travail pour les plus anciens, à condition évidemment, que les entreprises arrêtent (les RH et certains dirigeants), de considérer qu'un employé-salarié de 50 ans est mort et trop vieux pour l'entreprise. À l'heure où le Medef (3) prône un recul du départ à la retraite à 64 ans (4), c'est plutôt cocasse et complètement absurde.

Évidemment, en tant que passionné de cinéma (5) depuis mon plus jeune âge, je ne peux qu'être touché par la croisade de mon amie actrice Elizabeth Bourgine (6) et son combat concernant les actrices de plus de 50 ans. Tout cela est malheureusement consternant de similitudes et d'un écho confondant dans le monde du travail, que l'on soit homme ou femme d'ailleurs.

Bref, Il ne faut donc pas regretter que les robots remplacent les Humains sur les chaînes de montage dans les usines, mais développer l'environnement favorable aux reconversions et à l'apprentissage des métiers de demain, en laissant justement l'IA, remplacer l'Homme dans les tâches sans intérêts ou à forte pénibilité.

Non, les Quinquas ne sont pas has been et réfractaires à la formation aux nouvelles technologies, bien au contraire, et je le vois tous les jours. Ils sauront, comme les générations suivantes, s'adapter aux défis technologiques. Pour cela, il faut que les environnements soient favorables, offrent des formations en continu et continues, sinon cela reste de l'investissement à fonds perdus.

Pour imager les nouveaux métiers de demain qui seront une chance, et soyons optimistes, comme le dirait probablement Catherine Testa , qui permettront de remettre plus encore l'Humain au cœur de l'Excellence bienveillante et de la QVT, prenons l'exemple du bois et le superbe métier de Scieur de Long.

Combien des moins de 60 ans qui liront ces lignes savent de quoi il s'agit, sans avoir besoin de chercher, sauf à être passionnés des métiers anciens ou généalogistes amateurs éclairés ? Peu, voire très peu, probablement.

En 2019, il ne viendrait probablement pas à l'esprit d'un entrepreneur fabricant de planches de bois d'utiliser cette technique et de se passer des machines de découpes gérées par ordinateur. Pourtant, nos anciens scieurs de long ont dû se poser pas mal de questions en voyant arriver sur les sites de découpes, les premières machines automatiques à vapeur.

''L'huile de coude'' était fort malmenée, tout autant que la compétence spécifique de ce métier.

Il est fort possible que quelques anciens se soient émus de l'arrivée de ces engins de malheur (les ''dévoreuses de membres'' portaient parfois bien leur nom), se demandant ce que feraient à l'avenir leurs descendances.

Quelques décennies plus tard, on constate que bien d'autres métiers sont apparus et ont permis à de nombreuses personnes d'y trouver leurs comptes.

Des exemples comme les scieurs de long, il y en a plein les ouvrages sur les métiers anciens.

Alors, faudrait-il avoir peur des métiers de demain et de la disparition de certains d'aujourd'hui ?

Je ne suis pas de cet avis, et la cause du chômage est autre que la simple évolution des métiers, même si l'on peut, à juste titre, penser que la transition entre deux technologies laisse quelques personnes sur le bord de la route. Mais, incriminer la mécanisation ou l'IA comme seules causes de la montée du chômage est une hérésie.

Il y a donc deux manières d'aborder la transition des métiers. En la combattant à fond perdu ou en l'accompagnant pour générer les conditions les plus favorables à un minimum de casse sociale, par la mise en place d'un accompagnement construit et réfléchi.

Le défi de demain reste que, potentiellement, de très nombreux métiers vont se créer dans les métiers de service et que se pose alors le monstrueux problème de quête de sens et de valorisation effective et visible de la mission. C'est la notion ''nouvelle'' qui se répand et n'a pas finie de grandir du Brown Out .

Mais ce sujet en est un autre et fera l'objet d'un prochain article.

(1) Gagnante de The Voice 2018 sur TF1

(2) Michel Serres, né le 1er septembre 1930 à Agen et mort le 1er juin 2019 à Vincennes, est un philosophe et historien des sciences français.

(3) L’âge des membres du Conseil Exécutif et notamment du Président (57 ans en 2019) et du Président délégué (59 ans), devrait les inciter à faire des campagnes de sensibilisation des entreprises concernant le travail après 50 ans.

(4) Travailler après 60 ans, c'est possible ! Pourquoi faut-il anticiper ? Les bonnes pratiques à partager. Les clés pour réussir son projet. Agnès du Boullay - Eyrolles

(5) Tranches de vies à Paname, Roman 2011 - ®Pj Fiedler

(6) ‘’Le Tunnel des 50’’ | Association AAFA (Actrices, Acteurs de France Associés) | Elizabeth Bourgine

(7)www.loptimisme.com

(8) À retrouver dans mon ouvrage le Management Alpha.ie

©Philippe-Jean Fiedler von Kronach - Tous droits réservés - Juin 2019

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